Il en était toujours de la place du bien face au mal et de la défaite de ce dernier. Le prince sauvait sa princesse du dragon, le meurtrier suivait ses victimes dans la tombe et le jour triomphait de la nuit. S’ensuivaient alors la gloire, la justice, le renouveau et la joie dans une liesse célébrée par les bons, qui regagnaient le cœur allégé leur insouciance.
Cette insouciance, Nirn ne l’avait plus connue depuis son enfance. Il n’avait plus goûté à la joie du baiser ni à la chaleur du rire, il avait oublié la douceur d’une caresse et la plénitude des moments simples. Ce n’était même plus du passé, c’était oublié, perdu à tout jamais. Nirn était le dragon, le meurtrier et la nuit, il était la noirceur dont tous se détournaient.
Que lui restait-il alors ? Qu’espérait-il encore ? Pourquoi se dire bonjour ? Pourquoi se dire merci ? Pourquoi avoir besoin d’amour et d’amitié ? Il vivait sans tout cela depuis toujours et ne s’en sentait pas mourant.
Ou bien se trompait-il…?

