Mila Ravenne – Les Voix Murées T03 L’Opéra des Mortes

Que faites-vous quand ce que vous cherchez à déterrer peut détruire l’homme qui partage votre espace depuis six semaines ?
Lina Roussel arrive à l’opéra de Narbonne en janvier 2025 pour un diagnostic de routine. Elle est conservatrice-restauratrice, spécialiste des décors muraux peints — ses mains lisent les surfaces mieux que certains lisent les visages. C’est une compétence rare. C’est aussi sa vulnérabilité : elle souffre de la maladie de Raynaud. Dans ce bâtiment gelé, ses doigts blanchissent à chaque séance de travail, et chaque heure de mesure l’use un peu plus.
Sous ses mains, le trompe-l’œil du foyer artistes — signé Mathilde Vaubrac, 1957 — cache une couche plus ancienne. Un pigment rare. Une fresque. Une signature gravée en bas à droite : I. S. 1956. Quelqu’un a peint par-dessus. Quelqu’un a voulu que ça reste caché.
Ce quelqu’un, c’est la grand-mère de Théo Vaubrac — le metteur en scène qui a racheté l’opéra pour en faire un musée à sa mémoire. Théo sait, depuis l’âge de onze ans, ce qu’il y a sous la peinture. Il a passé vingt-quatre ans à construire autour de ce silence. Le diagnostic de Lina peut tout détruire en six semaines. Et les rénovations démarrent en mars.
Iréa Selvan, compositrice et soprano, a été effacée de l’histoire musicale de Narbonne en 1958. Son œuvre publiée sous le nom d’un autre. Sa mort, officiellement un accident.
Peut-on aimer quelqu’un dont la fierté est bâtie sur un mensonge — et savoir qu’on ne peut pas le sauver sans le casser ?

 

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