Un tueur à gages enchaîne les contrats pour s’offrir la plus belle collection de vinyles jamais constituée. Tout avait pourtant bien commencé. Une invitation à un dîner chez Suzanne, glissée sous ma porte. Le mot était élégamment écrit, à l’encre violette. Pour je ne sais quelle raison, Suzanne utilise toujours de l’encre violette. » Je réunis quelques amis proches vendredi prochain. Je compte sur toi. » Jordan est étudiant à Montréal. Un peu paumé, fou de musique, il est né sous X le jour de l’assassinat de John Lennon – n’y voyez bien sûr aucune coïncidence. À la suite d’une péripétie qui manque de lui coûter la vie, le voici recruté par Suzanne, DRH du » Square « , une organisation criminelle se prévalant d’utilité publique. Débute pour Jordan une drôle de vie, celle d’un tueur à gages qui se rêve auteur-compositeur à succès. On en conviendra : tout ça n’est pas banal. Amoureux du travail bien fait et détestant la violence gratuite, il tue proprement, et beaucoup, avec le détachement des professionnels. Grâce à l’argent accumulé, il peut assouvir son envie inépuisable de vinyles rares et n’hésite pas à courir les quatre coins du monde en quête des précieux albums qui manquent à sa collection. Indifférent aux questions morales – ne sont-ils pas quelques-uns dans son cas ? –, notre héros est surtout atteint d’une solitude bien contemporaine, que seul l’amour de Marie pourrait possiblement guérir.

