Alma avait fui Trieste pour une nouvelle vie. Contrainte d’y retourner à la mort de son père, la jeune femme, journaliste à Rome, s’est donné trois jours pour régler la question de l’héritage.
Son séjour réveille d’innombrables souvenirs. Les rendez-vous au café San Marco avec son grand-père pour boire des chocolats viennois, dans la plus pure tradition austro-hongroise ; la maison familiale, où Vili, ce « frère, ami, ennemi », lui est apparu pour la première fois ; son père, cet homme fascinant, si souvent parti de l’autre côté de la frontière, dans la Yougoslavie communiste du maréchal Tito.
Mosaïque de cultures et de langues qui coexistaient avant d’entrer en conflit, la ville de son enfance lui apparaît soudain comme son propre miroir : étrangère à elle-même et soumise à tant d’influences. Dont celle de Vili, qu’elle souhaitait ne jamais revoir, et qui est pourtant chargé de lui remettre l’héritage de son père.

