Un homme est hospitalisé à Lisbonne : dans ses viscères, une bogue ne cesse de grossir en silence, que le médecin appelle cancer. La douleur, l’opération, les traitements le plongent dans un état second. Remontent alors à la surface des souvenirs enfouis depuis toujours, qui se bousculent et s’entremêlent. Furieux contre cette mort terrible et comique qui se moque de lui dans l’obscurité, humilié par sa déchéance physique, monsieur Antunes du lit numéro onze divague dans les méandres de sa mémoire et c’est alors tout le monde de son enfance qui se rappelle à lui, avec ses sons, ses odeurs, ses visages….
Tandis que médecins et infirmières défilent à son chevet, passé et présent se télescopent, et le voilà emporté, en compagnie de défunts décidément pleins de vie, vers la source du Mondego dans la montagne sauvage, couverte de pins et d’eucalyptus. Sur ses contreforts, il revisite le bourg et la maison de ses grands-parents, la mine de wolfram et l’hôtel des Anglais… Alors que le mal aboie dans son ventre , ce passé ravivé est comme un garde-corps, le seul peut-être à pouvoir l’empêcher de tomber dans le ravin qui s’ouvre au bord de son lit d’hôpital.

