Les obus et les balles de l’ennemi, le poignard des assassins, les machines infernales des comploteurs, la noyade, la chute dans les précipices, la chasse à l’homme, le poison qu’il s’est lui-même versé, les duels de sa jeunesse… Plus de trente fois, Napoléon a frôlé la mort, quand il ne jouait pas avec. Et toujours il lui a échappé. À se demander ce qui l’a sauvé, quels furent ses sauveteurs et s’il les a remerciés. À moins que la Providence s’en soit mêlée… mais l’Empereur croyait-il en Dieu ? ou à sa bonne étoile ?
À l’évidence, Napoléon fut un chevalier sans peur, un nouveau Bayard, mais un Bayard rationnel, ami de l’ordre, indifférent à la mort des autres. Combien de millions d’hommes a-t-il envoyés à la mort, avec flegme, sans plus de haine que de remords ? Que ressent-il quand il arpente le champ de bataille, entendant des mourants crier : « Vive l’Empereur ! » En assistant un moment à l’agonie de tel ou tel de ses fidèles ?
Et comment expliquer qu’après avoir vainement cherché la mort à Arcis-sur-Aube, à Montereau, à Fontainebleau, à Waterloo, il ait tranquillement attendu sa survenue à Sainte-Hélène, au lieu de la devancer ? Alain Frerejean a mené cette enquête inédite.

