Paul Ostermeyer enseignait la musique au collège de Saint-Vaast depuis dix-sept ans.
Aimé de tous. Respecté. Exemplaire. Quand on le retrouve mort dans son salon — insuffisance cardiaque, dit le médecin —, la ville entière se rassemble pour lui rendre hommage.
Trois de ses anciennes élèves reviennent pour les obsèques.
Nadia, avocate pénaliste à Lille, n’a pas remis les pieds à Saint-Vaast depuis vingt ans. Elle revient avec une enveloppe carbonisée dans son tiroir et une rage intacte.
Clara, infirmière de nuit à Bruxelles, descend du Thalys avec trois bières dans le sang et une boîte à chaussures pleine de CD qu’elle n’a jamais jetés.
Solène n’a jamais quitté Saint-Vaast. Elle promène son chien tous les soirs devant la maison du mort. Elle observe. Elle se tait. Depuis vingt et un ans.
Chacune porte un secret lié à cet homme. Aucune n’a jamais parlé. Chacune croyait être la seule.
Elles avaient tort.

