« J’ai passé ces dernières années à recouper et à explorer mes souvenirs musicaux, à les classer aussi, à leur donner des noms, des contours, des dates. Des paroles que je n’avais jamais comprises ont soudain révélé leur sens ; des filiations cachées se sont révélées, méconnues, hautement signifiantes ; des ramifications ont tout changé. Ce que j’ai entendu tenait du magma. À présent j’y vois plus clair. On ne peut quitter un monde que lorsqu’on en connaît les frontières. »
Au siècle dernier, on écoutait des albums entiers, achetés chez des disquaires. On créait des compilations, on avançait à tâtons au hasard des découvertes, on cherchait la perle rare et souvent on passait à côté. La musique devenait un royaume, un signe d’appartenance à une tribu, et celle de Fabrice Colin c’était le rock indépendant.

