Chaque vendredi soir depuis huit ans, quatre couples se retrouvent pour dîner. Le vin est parfait.
Les rires sont parfaits. Les vies sont parfaites.
Un vendredi de mars, Marie-Sophie n’est pas là.
Son mari dit qu’elle est partie. Refaire sa vie.
Sans valise. Sans carte bleue. Sans un mot à sa meilleure amie.
Camille ne le croit pas. Elle la connaît depuis quinze ans.
Marie-Sophie ne part pas. Marie-Sophie planifie.
Les trois autres femmes savent quelque chose.
Chacune a vu. Chacune a entendu. Chacune a choisi de se taire — pour des raisons qui lui semblaient bonnes.
Et le vendredi suivant, ils se retrouvent quand même à table. Tous les sept. Avec la chaise vide au bout.
Parce que ne pas se retrouver, ce serait admettre que quelque chose s’est brisé.
Que quelqu’un a menti.
Que derrière les dîners parfaits, il y avait une femme qui disparaissait à petit feu — et personne n’avait voulu voir.

